Informatique
J'ai toujours réfléchi à ce à quoi devait ressembler l'ordinateur parfait. C'est un thème qui m'a toujours turlupiné.
Pendant l'été 1991, alors que j'avais 15 ans, je me creusais pas mal la tête sur ce sujet. Je sentais déjà que les micro-ordinateurs devaient essayer de se rapprocher des "stations de travail", les ordinateurs très puissants (et très chers !) qui tournaient sous Unix. Je m'inspirais évidemment des ordinateurs NeXT, qui avaient tracé cette voie. Mais comme toujours, j'essayais de trouver de nouvelles idées pour améliorer les choses, et aussi des éléments moins chers pour rendre cela plus abordable.
J'avais fait un "cahier des charges" d'une mini-station de travail :
- Fonctionner sous Unix, ou un dérivé.
- Avoir une bonne interface graphique (souvenez-vous, à cette époque Windows n'en était qu'à la version 3.0, il restait encore beaucoup de travail à faire pour améliorer les choses)
- Comporter d'origine une interface Ethernet (chose commune sur les stations de travail à l'époque, mais quasi-inexistante sur les PC)
- Avoir un écran et une carte graphique offrant une bonne définition (là encore, les stations de travail se démarquaient sur ce point, alors que les PC étaient au mieux en VGA)
- Avoir un bon processeur, une RAM et une mémoire de masse généreuses (les systèmes Unix étaient réputés pour être gourmants en ressources)
- Etre très simple, le logiciel comme le matériel (sur ce point, les système Unix étaient encore réservés à des spécialistes)
- Comporter des innovations technologiques (seul moyen de se différencier)
- Etre bon marché, environ 20 000 francs, grâce à l'utilisation de pièces très diffusées, comme les pièces de PC (les stations de travail coûtaient entre 50 et 150 000 francs)
A postériori, tout cela représente en fait l'évolution qu'ont suivi les micro-ordinateurs. Les systèmes d'exploitation Windows Vista et Linux empruntent des éléments aux gros systèmes de l'époque (Unix et VMS), et nos micro-ordinateurs offrent la puissance et l'ergonomie nécessaire.
J'étais arrivé aux caractéristiques suivantes (en gras les éléments différenciants) :
- processeur Intel 486SX à 20 MHz => c'était le meilleure rapport puissance/prix de l'époque
- coprocesseur mathématique optionnel Intel 487SX
- RAM 8 MO extensible à 32 MO => la norme des PC était 1 MO, celle des stations de travail était 8 MO
- lecteur de disquette 1,44 MO => encore très utilisée à l'époque
- disque dur extractible sur SCSI => le SCSI garantissait les meilleures performance, il était utilisé sur les Macintosh, les Amiga et les stations de travail
- écran couleur 16 pouces, 1024x768 en 256 couleurs => correspondant à un haut de gamme, disponible sur les Macintosh, supérieur au PC que je me suis acheté en 1994
- 4 connecteurs d'extension 32 bits spéciaux, reprenant la partie 32 bits des bus EISA, mais sans en reprendre la compatibilité 16 bits => dans l'idée, on peut y voir les prémices des bus PCI
- 2 prises série RS-232
- 1 port parallèle Centronic pour imprimante, en y intégrant un buffer de 32 KO pour accélérer les impressions => idée pas forcément idiote, rendue caduque par le multi-tâches et l'augmentation de la RAM
- 1 connecteur SCSI-2 pour brancher des disques dur externes
- 1 port Ethernet pour connecter sur un réseau local => à l'époque seules les stations de travail en étaient équipées
- 2 prises MIDI in/out => pour concurrencer les Macintosh et les Atari dans le domaine musical
- 1 prise clavier (la prise souris est dans le clavier)
- 1 prise téléphone pour le modem intégré => élément que seuls les IBM PS/1 intégraient à l'époque
- système d'exploitation Coherent => dérivé d'Unix censé être léger en ressources
- interface graphique Geowork Ensemble => incroyable interface graphique, qui ne rencontra pas le succès qu'elle méritait
- clavier léger 86 touches avec réglage de la luminosité, du contraste et du volume, et bouton ON/OFF => copie des caractéristiques du clavier des NeXT
- souris mécano-optique à 4 boutons => voir plus bas les explications sur la souris mécano-optique
Cela donnait une machine comportant un maximum d'éléments standards, mais avec quelques innovations.
J'avais réalisé quelques croquis. Les deux premiers concernent l'unité centrale.
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- Socle d'écran facilement orientable.
- Face lisse. Lecteur de disquette à éjection automatique.
- Disque dur extractible.
- Plusieurs trappes permettent d'accéder directement au coprocesseur, à la RAM, etc.
Les croquis suivants concernent le clavier, avec ses différentes particularités.
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- Cordon spiralé de plus de 2 mètres (non visible)
- Réglage de la luminosité de l'écran
- Réglage du contraste de l'écran
- Réglage du volume
- Prise souris (une de chaque côté du clavier)
- Bouton ON/OFF
La souris mécano-optique
Parmis les différents éléments que j'essayais d'améliorer, il y avait la souris. En 1991, il existait 3 types de souris :
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Les souris mécaniques, contenant une boule qui entrainait des rouleaux. Ces rouleaux faisaient tourner des contacts en cuivre, ce qui permettait de générer l'information électrique correspondant au mouvement de la souris.
- Avantage : utilisable sur toute les surfaces grâce à la boule
- Inconvénient : les pièces en mouvement sont sensible à la poussière, les rouleaux s'encrassent
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Les souris opto-mécaniques, amélioration des souris mécaniques. Là encore, une boule entraine de rouleaux. Mais au lieu d'utiliser des contacts en cuivre, les rouleaux contiennent des trous qui sont "lus" par des lecteurs optiques.
- Avantage : utilisable sur toute les surfaces grâce à la boule
- Inconvénient : les pièces en mouvement sont sensible à la poussière, les rouleaux s'encrassent
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Les souris optiques, qui possédaient une diode laser, dont le rayon était réfléchi par un tapis à souris spécial, recouvert d'un maillage de lignes très fines. La lecture du mouvement de la souris se faisait en détectant comment le rayon laser était perturbé par les lignes.
- Avantage : aucune pièce en mouvement, insensible à la poussière
- Inconvénient : obligation d'utiliser un tapis à souris spécial
Je me demandais donc comment faire pour améliorer les choses. Et j'ai donc pensé à garder la boule dans la souris, mais en la recouvrant d'un maillage de fines lignes (comme sur le tapis spécial des souris optiques), et en intégrant les diodes laser à l'intérieur de la souris. On gardait ainsi tous les avantages (utilisable sur toutes les surfaces, insensible à la poussière), sans subir les inconvénients des solutions existantes.
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C'était une vraie bonne idée originale en 1991. De nos jours, les souris optiques s'utilisent sans tapis spécial, mais à l'époque ce n'était pas envisageable. Quelques années plus tard (en 1995 pour être exact, cf. source d'information), Logitech sorti dans le commerce son Trackman, une trackball reposant sur exactement le même principe, et dont les déclinaisons sont toujours en vente.


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